Le concours Model Afropean : miroir de la diversité française

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My Afro’week était samedi dernier à une des répétitions du concours Model Afropean.
Ce concours en plus d’être innovant, permet à des jeunes hommes et femmes issus de la diversité d’avoir une plateforme qui met en valeur leur beauté.

Le domaine de la mode a une certaine incidence sur la société. Il est aujourd’hui important de se voir représenter. On parle souvent de « self love », d’acceptation de soi et ce concours s’inscrit dans cette mouvance de réappropriation des codes de la beauté.

Nous avons eu la chance de rencontrer les acteurs de ce changement. Mickael Carpin (directeur artistique) , Kotalo Ngbakoto (co-fondateur) et Camille Fabet (directrice communication) ont accepté de répondre à nos questions.

Comment vous est venu l’idée de ce concours ?

Camille : Ce concours vient de Mister Congo France. On avait dédié ce concours aux garçons et le but était d’unifier les deux Congo. On s’est dit ensuite qu’il était plus intéressant d’ouvrir le concours à toute l’Afrique dans le but aussi de répondre à un problème sociétal. Dans l’industrie de la mode, il n’y a pas aujourd’hui assez de diversité dans les podiums. On n’a toujours pas assez de model type Afro ou maghrébins. Et lorsqu’on prend des models maghrébins, ils ont en général un type assez hispanique et ne sont pas très typés.

Cette problématique n’est pas évidente à aborder car assez tabou. On voit cependant une nouvelle tendance dans l’industrie notamment avec les lois protégeant les mannequins et on essaie de prendre le pli avec la diversité.

On parle beaucoup de diversité ces dernières années est ce que vous pensez qu’on est mieux loti en France que dans les autres pays ?

Camille : On est assez bien loti en termes de diversité mais pas assez en termes de représentation. Aux États Unis ils sont dans cette optique d’ouverture, notamment avec des nouveaux types de model comme Halima Aden par exemple (mannequin voilée qui a signé avec IMG).

Mickael Carpin : J’adore la France mais je pense que nous sommes encore un pays assez conservateur. J’ai moi même été confronté à ce genre de problème. Quand on me disait par exemple Paris n’est pas New York, je comprends maintenant qu’effectivement Paris n’est pas New York.

Le message de ce concours est fort. Et moi en tant que porte parole, j’essaie de le faire dans mon travail au quotidien. Même si c’est un petit step, c’est déjà important parce qu’on est quand même très en retard.

Kotalo : Je pense que la diversité française est plus visible et plus marquée qu’ailleurs. Ne serait-ce qu’en terme de musique. En soirée on écoute par exemple toutes sorte de musiques.
Il existe une culture de la diversité mais elle n’est pas aussi valorisée qu’elle devrait l’être. Dans la mode en l’occurrence, la diversité se ressent en arrière plan. La diversité se perd lorsqu’on doit mettre les gens en avant.

Combien y a t’il de participants ?

Kotalo : Il y a 11 participants : 6 garçons et 5 filles.

Si on doit définir le concours en 3 mots ?

Diversité, engagement, mode.

Djanali, 20 ans, étudiant en BTS, est arrivé deuxième dauphin du concours Mister Congo France. Il décrit le concours comme étant un “possible tremplin pour une carrière internationale”. Quant à Hani, du haut de ses 16 ans, nous donne une belle leçon de vie. Malgré son handicap, il veut pouvoir aller “le plus loin possible” et espère donner un message de résilience.

Le concours aura lieu le 11 mai à l’Apollo Thêatre et les organisateurs nous promettent de nombreuses surprises. Ce sera aussi l’occasion de découvrir de jeunes créateurs et leurs univers.

Ce concours est un réel tremplin pour cette jeunesse plurielle de France. Nous avons eu la chance de voir les coulisses, et l’organisation est pensée au millimètre près. Le professionnalisme des organisateurs est à saluer et avec des noms aussi brillants que celui de Mickael Carpin, ce concours nous fait déjà rêver.

 

2018-04-04T00:41:30+00:004 avril 2018|Categories: Actualités, Coup de coeur, Interview|Tags: , |0 commentaire

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