Djeli revient pour une 2ème saison : entretien avec Joel Nandjui

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Par sa première saison de 4 épisodes ( Cette Côte d’Ivoire qui gagne, Ceux qui partent, La Voix Des Victimes, Assabou l’histoire oubliée), on avait découvert Djeli : une voix envoûtante qui nous racontait des pans de l’Histoire. A l’occasion du lancement de la seconde saison ( le premier épisode La fille et le vieil homme est sorti le 22 janvier), nous avons décidé de rencontrer les producteurs de ce podcast pour en savoir plus.

Entretien avec Joel Nandjui, le visage derrière Djeli Podcast.

 

– Bonjour Joel, pour nos abonnés qui ne vous connaîtraient pas, qu’est-ce que Djeli Podcast ?

Djeli Podcast est une plateforme de production et de création de podcasts natifs africains que j’ai co-fondée avec ma sœur. L’idée derrière cette plateforme est de produire du contenu audio sur des thématiques liées à l’Afrique.

Le premier projet que nous avons lancé est le podcast natif « Djeli », ce nouveau format audio a pour objectif de raconter les évènements politiques, historiques, sociaux et culturels qui ont jalonné l’Histoire de l’Afrique et en particulier celle de la Côte d’Ivoire ! Nous souhaitons raconter différemment l’Afrique et participer à changer la perception à travers des histoires authentiques qui donnent une image juste du continent.

Chaque mois, nous publions une nouvelle histoire qui met en avant les discours, les aventures, les épopées, les hommes et les mouvements culturels qui ont marqué l’Histoire de l’Afrique et/ou plus particulièrement de la Côte d’Ivoire.

– Que veut dire Djeli ?

Djeli fait référence au griot que l’on retrouve dans les pays d’Afrique de l’ouest. Les « djeli » sont des conteurs, les maitres de la parole, ils sont les dépositaires de la tradition orale et de l’histoire des peuples. Ils sont la courroie de transmission entre les différentes générations.  On veut donner un peu ce rôle à notre podcast, raconter des histoires pour maintenir le lien et faire en sorte que l’histoire ne se perde pas et surtout qu’elle soit accessible de tous.

– Comment choisissez-vous les sujets qui seront traités ?

Les sujets traités sont choisis en fonction de l’actualité, de nos recherches personnelles, de notre sensibilité et surtout des causes que nous portons. Djeli veut être un podcast engagé donc les sujets traités servent principalement une cause et ont une visée politique au sens large.

– Comment se passe concrètement la réalisation d’un épisode ? Combien de temps prends l’écriture ? l’enregistrement ? le montage ?

La réalisation de l’épisode commence par la recherche du thème une fois qu’on a choisi le thème on cherche maintenant l’angle par lequel on va aborder ce sujet.

Quand je parle de l’angle je veux parler de la structure du podcast. Par exemple dans les premiers épisodes que nous avons faits, nous avons réalisé un  sur les massacres qui ont eu lieu en 2002 à l’ouest de la Côte d’ivoire et l’angle que nous avons choisi pour parler de ces massacres a été de faire parler les victimes. Un autre angle aurait été de juste raconter les faits.

Une fois que l’angle est trouvé, on passe à la rédaction qui est la phase la plus longue puisqu’elle demande beaucoup de recherches en fonction de la connaissance que nous avons du sujet. Le temps de rédaction varie entre 3 et 5 jours. L’enregistrement d’un épisode dure environ 2H et pour le montage c’est assez rapide puisque le script de l’épisode est rédigé en amont donc en une journée je peux finir le montage.

Mais le gros du travail reste la recherche du sujet et surtout la recherche des sources. Malheureusement sur des sujets qui concernent le continent africain les sources sont très rares et difficilement accessibles.

– Votre slogan est : « Interroger Hier , dire Demain ». J’aimerais m’attarder sur le Dire Demain… Comment pour toi, permettez vous de dire demain ?  En effet les épisodes du  podcast présentent des histoires dans l’Histoire de la Côte d’Ivoire en particulier, l’interroger Hier est clair, mais le dire Demain l’est un peu moins. Par exemple dans la saison 2, il y a si je ne me trompe pas un épisode sur Douk Saga, en quoi par exemple celui-ci permet de dire demain ?

Oui, on voulait donner ces deux facettes là à notre projet c’est-à-dire une immersion dans le passé qui servirait de base à la construction du futur c’est ça le « dire demain », raconter des histoires passées pour qu’elles nous apprennent à mieux appréhender demain.

Dire demain, c’est faire un plaidoyer. Quand on fait un épisode qui dénonce la situation des migrants c’est une prise de position et surtout une ouverture sur ce qu’on aimerait voir dans le futur.

Pour l’épisode sur Douk Saga raconter son histoire est une porte ouverte sur l’avenir parce que son histoire dit beaucoup de la Côte d’Ivoire d’aujourd’hui. Dire demain dans cet épisode, c’est nous questionner sur l’héritage de Douk Saga et ce que nous voulons en faire.

– Pour finir, vous vous êtes axés sur l’histoire de la Côte d’Ivoire, est-ce possible que vous l’étendiez à d’autres pays ?

Oui bien sûr on a prévu un épisode sur Thomas Sankara par exemple. L’idée est de s’ouvrir à d’autres histoires africaines et nous sommes ouvert aux propositions.  Nous avons des sujets en tête comme la pensée de Kwame Nkrumah, la FEANF, ou les mouvements de libération dans les colonies portugaises.

– et pour la der des der, qui se cache derrière la magnifique voix narratrice ?

La voix de la narratrice est celle de ma grande sœur Vanessa Lassey avec laquelle je travaille sur le projet.

Avez-vous écouté le podcast? Si oui, qu’en avez vous pensé, si non, ruez vous dessus!

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2019-01-31T15:40:41+02:0031 janvier 2019|Categories: Bons plans, Coup de coeur, Découvertes, Non classé|0 commentaire

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