Togbédji AHOKPA, entrepreneur pour le plaisir des papilles

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tobgedji ahokpa

Bonjour Togbédji, peux tu nous parler brièvement de ton parcours ?

Bonjour, je suis Togbédji, je suis originaire du Bénin et j’ai 28 ans. Je suis arrivé en France il y a quelques années.

Dès mon arrivée, ici, je me suis mis à travailler dans divers secteurs :  La sécurité, le bâtiment, la plomberie, la livraison de colis, la livraison de repas.

J’ai également eu un job de commercial. Tous ces contrats m’ont permis de me forger un mental de travailleur, de compétiteur. Aujourd’hui, il faut dire que je n’aime pas l’indolence.

Tout le monde aime le déguè, quelle superbe idée d’en faire un yaourt. Quel a été le déclic pour lancer cette marque de yaourt ? Qu’est ce qui rend les Cérégales uniques ?

Je ne suis pas d’accord avec cette assertion. En Afrique de l’Ouest, on connaît cela, oui. Mais quand on sort de cette partie de l’Afrique personne ne connaît. Mon envie a été de faire goûter les produits de chez moi au monde entier, à commencer par l’endroit où je me trouve. Cette envie s’est transformée en un défi puisqu’il a fallu innover dans le process de production et dans le choix des ingrédients. Cela n’a pas été facile,  mais rien n’est impossible.

Le déclic, c’est d’abord me rendre compte qu’il n’existe aucun produit créé par un africain qui ait un réel rayonnement international. Des exemples, nous en avons : Coca, Nike, Adidas, Apple, Samsung, Pepsi … Je me suis dit c’est bien de consommer mais pourquoi ne pas créer nous même pour essayer de vendre aux autres ? Dès ce moment tout a été clair: c’est le moment pour toi d’être différent, d’initier quelque chose, de prendre des risques pour réellement créer quelque chose.

Les Cérégales est gourmand, très gourmand car je suis moi­ même un gourmand.

les ceregales  Quand nous créions Les Cérégales, nous avons, à chaque moment voulu être différents des autres acteurs de l’agroalimentaire, tant en Europe qu’ailleurs. Nous avons travaillé dur avec l’équipe à ne pas utiliser, par exemple, des conservateurs, car personne ne sait l’impact de ces produits sur notre santé, à court et long terme.

Chez Les Cérégales nous mettons un point d’honneur à mettre en valeur les races de vaches rares qui produisent un lait riche mais en petite quantité. Nous sommes, ici, plus dans la qualité que dans la quantité. Un point, non négligeable c’est que chez Les Cérégales, nous croyons en l’agriculture.

Tous ces efforts se ressentent quand vous dégustez un de nos produits. C’est frais, c’est vrai et votre palais sait que vous ne consommez pas de produits synthétiques.

Comment as tu vécu les premiers instants d’entrepreneuriat ? Qu’est ce que tu aimes le plus dans ton métier ?

Entreprendre, pour moi, c’est la vie. Ce n’est pas un métier mais un état d’esprit, un mode de vie. La notion de travail n’existe pas dans ce que je fais. Je n’ai pas besoin de rémunération pour ce que je fais et suis disposé à le faire toute ma vie, jusqu’à mon dernier souffle. Rien ne saurait me faire plus plaisir que ce que je fais actuellement.

Entreprendre c’est prendre des risques, se sacrifier pour donner du plaisir aux autres. Dites moi s’il y a  meilleur métier ?

L’agriculture c’est s’occuper de la terre. Aujourd’hui nous avons perdu cette notion. Mais nos ancêtres accordaient la place la plus importante de toutes, à l’agriculture. Nous devons nous reconnecter avec ces valeurs.

La terre est la chose la plus chère que nous ayons. Nous devons la chérir car c’est elle qui nous nourrit. Nous devons la câliner car c’est le meilleur héritage que nous laisserons à nos enfants St Exupéry résume bien ma vision en ces termes: << nous n’héritons pas la terre de nos ancêtres, nous l’empruntons à nos enfants >>.

les ceregales1

Entreprendre c’est être différent, donc ce n’est pas facile. Mais rien n’est facile sur terre, quelque soit le lieu où tu te trouves. Chaque pays a sa réalité. Mais plus c’est difficile et plus j’y crois. En résumé, on n’apprend énormément, on commet pas mal d’erreurs mais il existe une évidence: je ne regrette rien et ce n’est que le début.

J’aime tout dans ce que je fais car j’aime ce que je fais. Je travaille à nourrir mon  prochain. Cela veut donc dire que je prends soin de mon prochain, l’alimentation et la vie étant liés. De la fourche à la fourchette, je prends du plaisir. L’aspect financier, je ne m’en préoccupe jamais. C’est une conséquence !

Pour l’instant on ne retrouve Les Cérégales qu’à Rennes… Quand aura t’on le plaisir d’y gouter à Paris et penses tu un jour à commercialiser Les Cérégales au Bénin (ou en Afrique) ?

Nous travaillons d’arrache­ pied, pour être, très vite, à Paris. Ma stratégie est d’asseoir d’abord la marque dans certaines régions avant de mettre les pieds à Paris. Dès que nous aurons atteint nos objectifs en vente et notoriété dans ces villes, nous pourrons penser à la capitale. Je suis béninois, africain et enfant du monde. Il est donc logique que les miens bénéficient de mon action. Je travaille à pouvoir proposer, un jour mon savoir ­faire aux africains. Cela se fera. Je ne sais ni quand, ni comment mais nous y travaillons, déjà. Un entrepreneur n’a aucune limite.

Quel regard portes-­tu sur la dynamique de la jeunesse africaine ? Si tu avais un message à passer à tous ceux qui souhaitent se lancer dans l’aventure de l’entreprenariat, que leur dirais tu ?

Nous sommes extrêmement dynamiques, positifs et hyper­créatifs. Il y a un vent qui souffle, actuellement, sur cette jeunesse qui est un vent de conquérant. Nous sommes une génération de winners. Je crois, énormément en cette jeunesse et suis fier d’en faire partie. Nous devons agir, commettre des erreurs, apprendre mais nous devons agir et surtout créer plus. Nos petits­enfants nous remercierons.

Nous sommes la génération qui fera la différence. On n’entreprend pas pour gagner de l’argent. Si c’est cela votre motivation, arrêtez tout de suite car vous n’irez pas loin. Et si vous gagnez de l’argent vous ne dépasserez jamais un certain niveau. Mais sachez qu’être entrepreneur, c’est le meilleur rôle qu’on puisse avoir dans la cité. Un entrepreneur n’attend pas le gouvernement, non, il se lève et agit. Un entrepreneur n’attend pas d’avoir un diplôme, non, il se sert de son cerveau.

Entreprendre c’est arrêter de se plaindre pour trouver des solutions, innover. Nous, entrepreneurs, créons de valeur et c’est pour cela qu’on nous respecte. Foncez, créez, améliorez ce qu’il y a autour de vous et proposez le au monde, en Chine, au Brésil, en Mongolie … Bref allons faire découvrir nos richesses.

cérégales

Et enfin en tant que grande gourmande je me suis arrêtée sur cette page 🙂 www.lesceregales.fr/recettes, à quand une prochaine recette ?

Les recettes à base de nos produits sont mises, régulièrement sur le site. Nous essayons d’en mettre une par mois. À court terme, nous prévoyons d’augmenter la cadence avec plus de recettes postées, mensuellement. Nous venons de revisiter la recette de la crêpe avec notre yaourt au millet/Vanille. Un régal ! La recette vient d’être postée.

Continuez de nous suivre, beaucoup de surprises à venir. Beaucoup. Ce sera une belle aventure.

Merci Togbédji

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